Cité Keur Gorgui, Immeuble Y2 8e Etage
+221 33 823 39 69

Le PNGD

Efficience et efficacité dans la gestion des déchets : le PNGD gage de succès

L’accroissement démographique n’est pas sans conséquences sur le mode de vie des populations, leur cadre de vie et l’environnement. La production de déchets a connu une croissance exponentielle ces dernières années, devenant même dans certaines situations une bombe écologique. Face à ce péril environnemental, il fallait repenser le mode de gestion et de traitement des ordures. Une bonne stratégie  de gestion intégrée et durable des ordures s’imposait, mais aussi et surtout des moyens pour sa mise en œuvre. C’est ainsi que l’idée s’est transformée en motivation, et le vœu des autorités étatiques s’est transformé en réalité. Une réalité matérialisée par le Programme national de gestion des déchets (PNGD).

Ce programme regroupe tous les espoirs d’un Sénégal propre, débarrassé de ses déchets encombrants. La vision est claire : « Vers des territoires ‘’zéro déchet’’, levier pour un Sénégal émergent ». Faire face au trop plein de déchets jetés par une population de plus en plus urbanisée nécessite une bonne approche tenant aussi bien en compte la salubrité, le respect de l’environnement ou encore l’économie circulaire, sociale et solidaire. Les collectivités locales sont appelées à jouer pleinement leur partition. C’est tout le sens qu’il faut d’ailleurs accorder à la vision du Chef de l’Etat de territorialisation des politiques publiques et portée par la réforme dénommée acte III de la décentralisation qui vise à « Construire des territoires viables, compétitifs et porteurs de développement durable ».

Pour l’élaboration du Programme national de gestion des déchets, la démarche adoptée a été inclusive et participative. Plus de 5000 acteurs du secteur ont participé au processus en faisant notamment des contributions et des productions de notes thématiques lors d’ateliers, les avis des ménages ont été recueillis à travers des enquêtes-ménages, focus group, entretiens. Des élus locaux et associations faîtières ont été consultés, des Comités régionaux de Développement (CRD) se sont tenues dans toutes les régions tenant également compte des réalités endogènes ; un Conseil interministériel sur la gestion des déchets a également eu lieu. L’expertise technique et scientifique a également été mise à contribution pour peaufiner ce document.

De ces différents échanges et consultations sont sortis cinq axes stratégiques : 1-Réformes juridique et financier, 2-Développement de l’économie des déchets, 3-Amélioration des systèmes de gestion des déchets solides, 4-Gestion participative, inclusive et responsable du secteur et 5-Gouvernance performante du secteur. Des axes stratégiques qui ; s’ils sont bien exécutés, pourraient résoudre l’essentiel des problèmes de gestion des déchets. Il y a lieu également de souligner  que cette stratégie est en cohérence avec les documents cadres, tels la Stratégie nationale de Développement durable (SNDD) et le Plan Sénégal Emergent (PSE). Elle intègre également le nouveau programme de développement durable adopté par les nations unies.

Pour son exécution, le Programme national de gestion des déchets s’adosse à un plan stratégique 2015- 2020. Ce plan a entre autres objectifs : la création d’un environnement favorable à la gestion du service public ; le développement d’infrastructures de gestion des déchets; 
le renforcement des systèmes de gestion des déchets; 
la gestion participative et responsable du secteur;
la promotion d’une gouvernance performante du secteur.

La matérialisation du  Programme de gestion des déchets a été rendue possible dans sa première phase, grâce à l’appui financier et technique de la Banque islamique de développement et l’Etat du Sénégal à travers le Projet de Gestion durable des Déchets Solides Urbains (PGDSU).

Le PGDSU, d’un montant de dix-sept milliards cinq cent millions (17 500 000 000 FCFA) est mis en œuvre au bénéfice des collectivités locales de la région de Dakar et des communes de Tivaouane, Touba et Kaolack. Il s’étale sur une période de quatre ans (2014-2018) et devrait à terme permettre la construction d’infrastructures de traitement des déchets solides de même que l’équipement des collectivités locales en matériel de collecte des déchets. Il s’agit de la construction de trois (03) Centres Intégrés de Valorisation des Déchets (CIVD), de 32 points de regroupement normalisé à Dakar, Kaolack, Tivaouane et Touba et du renforcement des moyens matériels des localités cibles et en vue d’améliorer le taux de collecte et l’efficience du service public de gestion des déchets solides, surtout dans les zones les moins desservies.

Ce projet à fort impact social, environnemental et économique contribuera  à élever le taux de collecte des ordures ménagères et assimilées à plus de 95% dans les communes ciblées.
 Par la persévérance et le courage, l’Unité de Coordination de la Gestion des déchets solides tente de toujours parvenir à ses fins. Une des armes les plus puissantes dans la réalisation de cet ambitieux mais réaliste projet est la mise en place au niveau des municipalités des services technique opérationnels dédiés à la gestion des déchets et la professionnalisation du secteur. Les populations locales dont l’adhésion au projet est un gage de pérennité et durabilité, ont démontré de fort belle manière leur intérêt au PGDSU.

Les composantes

La première composante concerne les réformes,  parce qu’il fallait, sur la base des diagnostiques que nous avons établis, engager des réformes profondes qui devront permettre de construire un environnement favorable à une bonne gestion des déchets. L’objectif est d’adopter une loi d’orientation pour le secteur. Nous travaillons également sur une mise à jour des principaux actes réglementaires. Aujourd’hui,  il est regrettable de constater que le dernier décret qui réglemente la gestion des ordures ménagères date de 1974. Alors que 40 ans durant, les types de déchets, intimement liés au mode de consommation,  ont beaucoup évolué.  Aussi, des études sont engagées pour un nouveau mécanisme de financement pour le secteur.

En plus du cadre législatif et réglementaire, il fallait aussi investir, dans le cadre de la deuxième composante, pour la mise en place de programme d’infrastructures  qui répondent aux normes. En cela, le Sénégal a déjà bénéficié d’un financement de la Banque Islamique de développement( BID)  pour  mettre en place des systèmes de gestion des déchets, au niveau des collectivités locales  de TIVAOUANE, TOUBA, KAOLACK et DAKAR.

Aussi, la troisième composante permet de dérouler un mécanisme d’appui technique et financier aux Collectivités locales.

C’est bien beau de faire des infrastructures et de disposer des équipements mais si les comportements ne sont pas aussi responsables qu’il se doit vis  a vis des déchets, il y aura problème. C’est pourquoi, nous travaillons, avec toutes les parties prenantes, sur la mise en œuvre d’une stratégie de communication et de marketing social visant à améliorer et changer les comportements. On tend également vers la mise en œuvre d’un projet de promotion de l’éducation environnementale, en collaboration avec le ministère de l’éducation, pour qu’à l’école on enseigne les bonnes pratiques de gestion des déchets.

Une compétence aussi importante que la propreté exige des capacités indéniables, alors que le diagnostique a révélé un déficit de capacités techniques, financières, logistiques, organisationnelles et managériales des acteurs. Donc il fallait trouver les voies et moyens pour les renforcer afin qu’elles puissent assurer leurs responsabilités. Pour ce faire, nous travaillons, dans le cadre de la quatrième composante,  sur des programmes de renforcement de capacité mais également de communication pour un changement de comportement. Parce que tout part des populations et tout revient aux populations, elles doivent ainsi être au cœur de la gestion des déchets.

Le Président de la République a érigé la culture de la propreté en priorité nationale, il nous faut  donc, disposer d’un cadre de gouvernance, un cadre harmonisé d’intervention accès sur les résultats. C’est en cela que, la cinquième composante, permettra de bâtir un système d’information à la pointe des technologies mais aussi des dispositifs permettant de suivre les indicateurs du secteur.

Promouvoir une gestion écologiquement rationnelle et économiquement efficace

 Implanter les infrastructures adéquates de gestion et de traitements des déchets

  • Des sites de relais avec des mécanismes de tri sont mis en place et exploités par des entreprises locales (CTT, déchetteries)
  • Des centres d’enfouissement techniques (CET) polarisant des territoires optimisés sont construits et exploités dans le cadre d’un partenariat public privé (PPP)
  • Construire des déchetteries qui polarisent plusieurs quartiers puis les exploiter
  • Construire des Centres de tri et de transfert(CTT) pour chaque département puis les exploiter
  • Construire des CET intercommunaux puis les exploiter